C’est l’an 2000. Un air de fin du monde.

La petite maison abandonnée du gardien de l’usine d’air comprimé, alors en friche et espace d’essai de multiples graffeurs franciliens qui, durant leurs balades nocturnes, décorent le lieu à l’intérieur et à l’extérieur, est devenu le toit d’une dizaine de personnes dans le besoin.
La nuit, les quais devant la maison se transforment en point de rencontre, hors de la vue d’autrui, d’hommes qui viennent afin d’y vivre librement leur sexualité.

Pour venir à la maison, il faut passer devant les palissades de ces autres espaces en friche, des chantiers en devenir. Ou encore par la fantômatique rue Watt avec ses lampadaires ronds géants, qui servent d’abri à toutes les araignées du quartier.

Ce qui est nulle part n’existe pas. Ce qui ne fait pas réellement partie de la ville, ce qui n’est ni aménagé, ni prétracé, c’est éventuellement un espace de liberté. Voici peu d’impressions vagues de cet espace ; «peu», parce que dans ces moments là, on ne pense jamais à prendre des photos.

Le squat a connu une suite comme lieu de concert avant d’être expulsé en 2003.


écrit en 2009 pour Playtime, Bétonsalon, Paris.